Musée suisse de l'appareil photographique
     

Musée suisse de l'appareil photographique

Ancien co-directeur du Musée suisse de l’appareil photographique, Jean-Marc Yersin a d’abord été photographe professionnel. Il est retourné depuis 2018 à sa passion première, poursuivant un cycle d’images dont il avait eu l’inspiration trente ans plus tôt. Il cadre serré, en noir et blanc, des structures autoroutières, des usines, des constructions de montagne. Les compositions sont géométriques, contrastées, d’une netteté tranchante. Il n’y a pas de présence humaine. Les formes sont abstraites de leurs fonctions. Le silence est absolu.
Ce sont des photographies sous tension. Elles montrent le conflit entre le bâti et la nature, entre le béton et les paysages de l’Arc lémanique, du Rhône, des Alpes. Elles se projettent aussi imaginairement dans l’avenir. Voilà à quoi ressembleront, nous suggère Jean-Marc Yersin, les grands ouvrages d’art et les architectures industrielles dans plusieurs décennies. Ces structures seront à l’abandon. Encore intactes, encore orgueilleuses, elles évoqueront des sculptures monumentales ou des installations de Land Art. Pour combien de temps ?
Cet inventaire d’un territoire en devenir est magnifié par l’œil rigoureux du photographe et son art du tirage. Entre repérages et croquis préparatoires, Jean-Marc Yersin prépare ses prises de vue avec soin. Il tire parti d’un appareil numérique 24 x 36, dernièrement un Leica M10-R, dont il recadre au préalable les images rectangulaires au format carré. A l’aide d’objectifs à décentrement ou d’un logiciel de contrôle de la perspective, il corrige les distorsions, veille aux verticales, établit le bon horizon. On le voit : les images de Jean-Marc Yersin sont aussi construites que ses sujets.

Luc Debraine, directeur du Musée suisse de l'appareil photographique